Archives de catégorie : Points de vue

Pornographie: l’envers du X

Trouvé ce texte sur http:/www.orroz.net/LenversduX.htm
L’envers du X
 Isabelle Sorente

Les témoignages non officiels des coulisses de l’industrie du sexe sont rares. Un film, présenté par une association au parlement suédois dans le cadre d’une réflexion sur la liberté d’expression et la pornographie, rassemble des confidences édifiantes d’actrices, de policiers, de producteurs. « Shocking Truth » est son nom. Attention : visionnage violent. Et vraie colère. **

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Est-ce encore une opinion ?

Est-ce une opinion de vouloir légaliser la prostitution? Est-ce un point de vue, quelque chose qui se discute dans les salons, de pouvoir continuer la domination masculine et la dépravation du corps des femmes? Et si ce « débat », entre gens de bonne compagnie, n’était pas tout simplement le débat qui opposait pendant plus de trois siècles les tenants de l’esclavage contre ceux de la liberté ?

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On peut tuer le rêveur… mais on ne peut pas tuer le rêve.

Policiers arrêtant des participants lors d’une manifestation contre la ségrégation.
Jackson (Mississippi, Etats-Unis), 24 juin 1966
© 1976 Matt Herron / Take Stock / The Image Works / Roger-Viollet

Hier soir (28/8/13), à l’occasion du cinquantième anniversaire du discours de Martin Luther King « I have a dream » la chaine ARTE diffusait un film : « Bande originale d’une révolution » (79 mn).
Au même titre que la non-violence, le chant fut le pilier, souvent méconnu du mouvement des droits civiques. Face aux exactions de la population et à la répression des autorités dans les villes ségrégationnistes, les activistes du mouvement opposèrent en musique une résistance pacifique. Preuve de leur détermination et signe de ralliement, des morceaux comme « We shall overcome » ou « This little light of mine » devinrent des hymnes à la liberté. Interprétés par des artistes comme Wyclef Jean, Angie Stone ou Mary Mary, ces airs alternent avec des images d’archives des grandes marches retraçant l’histoire de la lutte pour les droits civiques. Les témoignages de militants de cette cause comme Lula Joe Williams et John Lewis complètent ce film passionnant.

Il sera rediffusé le mercredi 11 septembre à 3h10 (donc en pleine nuit)
On peut aussi le voir avec un ordinateur avec « ARTE REPLAY »:
http://www.arte.tv/guide/fr/048918-000/bande-originale-d-une-revolution?autoplay=1

C’est bête, je sais, mais j’en ai chialé tout seul devant mon écran et les larmes, c’est pas du tout bon pour le clavier.

Caillou, le 29 août 2013

 

Lettre à un garçon

Salut, garçon !
On ne se connaît pas, mais ce n’est pas un problème, c’est peut-être même un avantage : on peut se dire des choses qu’on n’oserait pas dire à un père, à un frère et même, parfois, à ses meilleurs amis. On ne se connaît pas, c’est Florence qui m’a demandé de t’écrire. Une amie qui habite à Paris et qui s’occupe de Zéromacho, un réseau d’hommes engagés pour l’égalité femme-homme.

Ainsi donc, tu t’es pris un râteau. Ou tu as peur de t’en prendre un. Tu la vois de loin, cette fille de ta classe, la jolie blonde aux longs cheveux, qu’elle ramène souvent vers l’arrière, d’un geste vif de la main, quand elle rigole avec ses copines. Depuis la rentrée tu la regardes du coin de l’œil et, tu peux bien l’avouer, elle hante tes nuits. Quand tu éteins la lumière, avant de t’endormir, elle est sur tes genoux, nue bien sûr, et elle ramène ses longs cheveux blonds d’un geste vif en souriant, tandis que tu découvres son corps et qu’elle aime ça… Bon, j’arrête là. La suite, tu la connais, pas la peine de te faire un dessin.

Sauf que rêve et réalité, c’est totalement différent. Dans la journée, cette fille ne te voit pas. Tu es transparent pour elle. Un parmi tous les autres, dans un groupe qu’elle fait semblant d’ignorer : les garçons de la classe. Eh bien, détrompe-toi !

Elle est comme toi ! Elle sait très bien qui tu es. Elle aussi elle rêve de garçons le soir en s’endormant. Peut-être pas de toi, peut-être d’un autre, mais elle en rêve aussi. Elle s’endort avec l’idée qu’un garçon découvre son corps et le trouve beau, qu’elle puisse elle aussi toucher le corps de l’autre. Les filles ne sont pas des statues. Elles ont aussi des désirs et des envies. Les idéaliser ne te sert à rien.

Il y aurait, paraît-il, une petite différence : elles y mettent de l’amour. Elles n’imaginent pas faire l’amour sans amour. Pour les filles, le corps, le sexe, ce doit être très bon mais seulement si c’est avec autre chose : une attirance, de l’amour. Et il paraîtrait que les garçons se sentent ridicules quand on parle de ça ? Les garçons ? C’est vrai, je peux en témoigner. Au pluriel, les garçons en rigolent. Mais au singulier ? Toi, garçon, avoue-le, si c’est cette fille-là que tu observes tout le temps, et pas une autre, si c’est celle-là que tu rêves de sentir nue sur tes genoux, si c’est de celle-là surtout que tu crains de te prendre un râteau, c’est bien parce que tu l’aimes. C’est aussi de l’amour que tu parles. Mais tu ne le diras pas à tes potes.

D’autant que ce n’est pas d’amour que parlent les films que tu regardes sur l’ordinateur. C’est de pornographie et cela n’a rien à voir, ni avec l’amour, ni avec la sexualité. C’est du théâtre où rien n’est vrai. Des bites d’une longueur pareille ? Tu regardes ton sexe et tu te dis que ce n’est pas le même ! Tu as raison. C’est le tien qui est vrai. D’abord parce que c’est ton pénis et que tu vis avec, et pas celui d’un autre que tu n’as jamais vu ailleurs que dans ces films. Ensuite parce les producteurs ont mis des années avant de les trouver, ces très rares types aux sexes surdimensionnés. Enfin, parce que si tu vois plusieurs de ces films tu remarqueras que ce sont très souvent les mêmes acteurs qui jouent avec leurs bites. Non, mon garçon, ton pénis est comme ceux de l’immense majorité des hommes, il est normal, et ces films mentent. Et puis ces filles, si jolies, qui rient alors qu’elles se font enfiler par tous les trous, tu les crois vraies aussi ? Eh bien non, ce ne sont, dans la réalité, que  des femmes poussées par la misère, maquillées, coiffées, qui font ce qu’on les paie pour faire, pour te faire croire, à toi, garçon, que ce qu’elles subissent est vrai et qu’elles aiment cela. Alors que c’est un simulacre qui n’a rien à voir avec la sexualité. Les femmes n’aiment pas les « gang bang » ni les éjaculations faciales, ni les fellations, pénétrations, sodomisations à la chaîne, ni les humiliations, ni la souffrance. Et tout cela est très loin de cette jeune fille blonde qui est dans ta classe, et que tu aimes (sans te l’avouer).

Alors, pris entre les rires gras des copains, la pornographie, la ségrégation de fait qui, dans la classe et dans la vie, sépare les garçons et les filles, pris entre ce désir de jouir, le fait qu’il ne se réalise pas tout de suite, et cet amour que tu n’oses pas avouer et t’avouer, tu as peur d’elle et tu peux devenir haineux. Tu peux te réfugier dans le mépris des femmes.

J’ai autre chose à te proposer. Changes ton regard sur ton propre désir !

Vas-y sincèrement et courageusement ! Sachant qu’elle aussi te regarde et qu’elle en a peut-être envie, propose-lui d’aller avec elle discuter sur un banc, montre-lui le monde, écoutez ensemble les oiseaux dans les arbres, regardez le soleil qui se couche ! Elle craint peut-être ton appétit sexuel de garçon ; alors, oublie ce rôle qu’on veut t’imposer et prends ton temps ! Laisse-toi aller à ces confidences et ces sourires où rien d’autre ne se dit que le plaisir d’être ensemble. Tu n’es pas un garçon parmi les autres puisque tu es toi, un être unique avec tes craintes et tes richesses. Mais elle aussi n’est pas une fille parmi d’autres. Elle aussi est unique. Rejetez ces groupes où on se compare et où on se contrôle ! Et vous deviendrez peut-être autre chose : un couple ! Mais vous avez tout le temps. Prends la vie comme elle vient ! Et avec elle vous arriverez ensemble à faire l’amour.

Allez, vas-y, elle t’attend peut-être avec autant d’impatience que toi !

Si ce n’est pas ce qui se passe, si elle te rejette dès que tu l’abordes, tu seras triste. Tu voudras pleurer. Mais parce que c’est elle que tu aimais, parce qu’elle t’attirait, parce qu’elle était (à tes yeux) si belle, ce sont de bonnes raisons d’être triste.

La mauvaise serait que ton orgueil en prenne un coup.
La mauvaise ce serait de te rejeter dans un camp contre l’autre.
Courage ! Tu as toute la vie devant toi.

Je t’embrasse.
Caillou
Un vieux type qui est passé par là. Ce qui est le cas de tous les hommes autour de toi.

Caillou, le 3 mai 2013

Prostitution, toujours…

Université d’été d’ATTAC.- Toulouse
26 Août 2012 – Atelier Prostitution et Mondialisation. 

Présenté par Sandra et Huayra pour la Commission genre d’Attac et Judith Trinquart, médecin

L’organisation de la prostitution à l’échelle mondiale
La commission genre d’ATTAC a travaillé sur la question de la prostitution depuis un certain temps et a publié un livre intitulé « Mondialisation de la prostitution, atteinte globale à la dignité humaine » en 2008.
Pourquoi revenir encore sur cette question en 2012 ?

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Prostitution, encore…

Toulouse – Université d’été d’ATTAC.
26 Août 2012 – Atelier Prostitution et Mondialisation.

Présenté par Sandra et Huayra pour la Commission genre d’Attac et Judith Trinquart, médecin.

Le vocabulaire porteur d’une idéologie
Au delà de la traite, je vais parler de l’acte prostitutionnel lui même, en tant que tel.
Je vais décrypter les discours et les idéologies qui sont derrière et qui se développent et qui masquent bien souvent les réalités du vécu des personnes prostituées. Continuer la lecture de Prostitution, encore…

La violence de la prostitution, impact sur le corps des femmes

Université d’été d’ATTAC.
Toulouse le 26 Août 2012
Atelier Prostitution et Mondialisation 

Présenté par Sandra et Huayra pour la Commission genre d’Attac et Judith Trinquart, médecin
La violence de la prostitution, impact sur le corps des femmes
La prostitution ce n’est certes pas de la sexualité. Cest de la marchandisation des corps et c’est de la violence sexuelle. La violence initiale fondamentale de la prostitution c’est l’acte sexuel non désiré, à répétition, subi par la personne prostituée, quelque soit le type de prostitution, que ce soit de rue, de l’escorting, dit « prostitution glamour », du salon de massage. Et pour se protéger de ces actes sexuels qu’elles ne désirent pas, les personnes prostituées vont développer une forme de défense qui est au départ une défense physique et psychique involontaire que j’ai appelée la décorporalisation.

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La laïcité bafouée

Le monument aux morts de Langogne, en Lozère, est franchement bizarre.

Il date de 1921. (La loi sur la laïcité date de 1905!)

Le héros principal n’en est pas ce pauvre soldat qui meurt, mains jointes, mais surtout l’ange casqué à l’auréole christique qui lui indique la voie du paradis auquel le destine son sacrifice. Jamais on a indiqué aussi nettement que ceux qui sont morts pour la patrie, pendant la Grande Guerre, l’ont été aussi pour l’Église, et tant pis si, parmi eux, il y avait des arabes, des juifs, des boudhistes, des agnostiques ou des athées. Et tant pis pour les enfants du mort, pour son épouse, pour sa famille. Le chemin du paradis ne leur est pas acquis.

Ce monument est l’œuvre d’un sculpteur surtout connu pour ses idées d’extrême-droite antidreyfusard (donc antisémite), monarchiste, pétainiste et ultra catholique: Maxime Réal del Sarte.

Lire ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Maxime_Real_del_Sarte

Ailleurs, dans d’autres communes, ici à Aubrac, on peut voir des monuments aux morts plus sobres et plus sympathiques.

Pour tout ce qu’il signifie, il faut détruire le monument aux morts de Langogne. Mais ne nous leurrons pas, la laïcité est un combat permanent.
Et elle n’est pas seulement faite pour désigner les musulmans à la vindicte populaire.

Caillou, le 18 août 2012