Camus, la phrase et le lobby néocolonial

Camus n’a jamais dit
«Entre la justice et ma mère,
je choisis ma mère ».

« Lors d’une rencontre avec des étudiants suédois, un étudiant arabe lui reproche, à lui le natif d’Algérie, son silence sur ce qui s’y déroule. Camus, en vérité, s’est beaucoup exprimé. (…). A l’étudiant, il répond : «En ce moment, on lance des bombes dans les tramways d’Alger. Ma mère peut se trouver dans un de ces tramways. Si c’est cela la justice, je préfère ma mère.» Dans le compte rendu du Monde, cette phrase devient : «Je crois à la Justice, mais je défendrai ma mère avant la Justice.» Puis la rumeur en fait ce qu’on n’a plus jamais cessé d’entendre : «Entre la justice et ma mère, je choisis ma mère.» Belle histoire de téléphone arabe à propos d’une phrase jamais dite, et dont la signification est tout autre : Camus n’opposait pas la justice à sa terre natale, mais dénonçait, en situation, le terrorisme. »
lu ici: http://ilikeyourstyle.net/2010/01/04/telephone-arabe/comment-page-1/

Vous trouverez ici-même, dans la correspondance entre mon arrière-grand mère et ma mère, les traces des angoisses épouvantables que les attentats aveugles contre des civils, le terrorisme, ont  laissé dans nos histoires familiales. Il suffit de se replacer dans le contexte pour trouver ridicules les donneurs de leçons, bien installés dans les fauteuils confortables du temps présent.

Une correspondance de guerre… 1954-1956

Une correspondance de guerre … 1957-1960

Une correspondance de guerre … 1961-10 février 1962

Une correspondance de guerre … 1962, suite et fin.

Comme, par exemple, sur le site du journal algérien « la Tribune Internationale »

http://www.latribune-online.com/suplements/culturel/27576.html

un journaliste, Mr Mohammed Bouhamidi qui dénonce:

L’art du lobby néocolonial autour de Camus

C’est l’argument qui tue! Tu aime Camus? Tu fais partie du lobby néocolonial? Et là il n’y a plus de discussion possible. Et bien si être pour Camus et ses positions pendant la guerre d’Algérie, en particulier son essai de trêve civile, (http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2341) c’est faire partie d’un lobby néocolonial, je dois faire mon coming-out, je fais partie du lobby néocolonial et j’emmerde Mr Bouhamidi!

Caillou, 4 janvier 2010

2 réflexions au sujet de « Camus, la phrase et le lobby néocolonial »

  1. C’est tout aussi puant.
    Au lieu de faire des analyses de textes partisanes il vaut mieux lire Camus lui-même. Il suffit de lire « Lettre à un militant algérien », (ici: http://cailloutendre.unblog.net/?p=351) pour voir que Camus connaissait et respectait parfaitement le peuple algérien. Et puis, je le répète, la « trêve civile » qu’il a essayé, à Alger, presque seul, d’intercaler entre les combattants, même si elle a échouée, est bien plus importante que toutes les proclamations des intellectuels parisiens!

    Comme par exemple Sartre préfaçant Fanon:
    « Car, en le premier temps de la révolte, il faut tuer : abattre un Européen c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre ; le survivant, pour la première fois, sent un sol national sous la plante de ses pieds ». (On peut lire l’intégralité là: http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&friendId=240863394&blogId=308037280) Voilà qui justifie d’avance toute les formes de terrorisme aveugle.
    Caillou

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